Culture

Feria de Nîmes 2026 : deux ferias, 8 jours de fête taurine au total

Élise Carrelage-Durandelle 6 min de lecture
Feria de Nîmes 2026 : affiche vintage fête taurine à l’arène

Nîmes n’a jamais fait les choses à moitié avec sa tradition taurine, et 2026 ne fera pas exception. Deux rendez-vous distincts rythmeront l’année : la Feria de Pentecôte, du jeudi 21 au lundi 25 mai, puis la Feria des Vendanges, du vendredi 18 au dimanche 20 septembre. Deux ambiances, deux calendriers, mais une même ferveur qui attire chaque printemps plus d’un million de visiteurs dans les rues de l’Écusson. Voici comment s’y retrouver, jour par jour, entre corridas, animations gratuites et infos pratiques.

Pentecôte ou Vendanges : deux ferias, deux calendriers à ne pas confondre

La confusion est fréquente pour qui découvre Nîmes : il n’existe pas une mais deux ferias chaque année, séparées de quatre mois et bâties sur des logiques différentes. La Feria de Pentecôte, la plus massive, s’étale sur cinq jours au printemps et concentre l’essentiel de l’affluence touristique. La Feria des Vendanges, plus resserrée sur un long week-end de septembre, mise sur des cartels taurins pointus et une ambiance plus intimiste, portée par les vendanges qui donnent son nom à l’événement.

Critère Feria de Pentecôte Feria des Vendanges
Dates 2026 Du jeudi 21 au lundi 25 mai Du vendredi 18 au dimanche 20 septembre
Durée 5 jours 3 jours
Spectacles taurins Programme dense sur toute la durée 5 rendez-vous taurins sur 3 jours
Affluence Plus d’1 million de visiteurs attendus Format plus resserré, ambiance plus locale
Point fort 2026 Transports gratuits le week-end du 23-24 mai Abonnement Jeune à 40€ pour les 7-25 ans

Le programme jour par jour de chaque feria

Feria de Pentecôte, du 21 au 25 mai

Sur cinq jours, le programme alterne temps forts payants et animations gratuites en accès libre dans les rues. Les corridas et novilladas occupent les Arènes en journée, tandis que les soirées basculent vers l’ambiance de rue : pégoulade aux flambeaux, concerts, marché artisanal et défilés font vivre le centre-ville jusqu’à tard. La structure classique d’une feria de cette ampleur prévoit un temps fort taurin quasi quotidien, entrecoupé de courses camarguaises où les raseteurs tentent de décrocher les attributs du taureau sous les yeux d’un public connaisseur.

Feria des Vendanges, du 18 au 20 septembre

Sur un format plus court de trois jours, la Feria des Vendanges concentre cinq spectacles taurins et une programmation resserrée autour des vendanges et de la fin de saison. C’est traditionnellement l’occasion de cartels très attendus par les aficionados, avec des affiches pensées comme des temps forts uniques plutôt que comme une accumulation de rendez-vous. L’ambiance y est réputée plus authentique, portée par un public local fidèle qui referme la saison taurine nîmoise sur une note forte.

Corridas, novilladas et abrivados : comprendre ce que l’on va voir

Pour qui n’est pas familier du vocabulaire taurin, la programmation peut sembler hermétique. Une novillada oppose de jeunes toreros, encore en formation, à de jeunes taureaux : c’est souvent là que se révèlent les futures stars des arènes. L’abrivado, lui, n’a rien à voir avec la corrida : il s’agit d’une course de taureaux encadrée à cheval par des gardians dans les rues de la ville, un moment gratuit et très photogénique, où la foule se masse le long des barrières.

C’est justement autour de ces barrières que se joue une partie de la sécurité de l’abrivado. Le long du parcours, des cordes tendues entre les grilles et les barrières métalliques délimitent le couloir dans lequel les taureaux doivent rester encadrés par les chevaux des gardians. C’est un dispositif simple, presque artisanal, mais qui demande une coordination serrée entre les cavaliers pour que la corde reste toujours tendue au bon endroit, sans jamais céder sous la pression des bêtes. Ce fil tendu sépare littéralement le spectacle maîtrisé de l’incident. Pour le spectateur, comprendre ce rôle de la corde change la façon de regarder l’abrivado : chaque gardian tient sa portion de ligne, et c’est cette coordination collective qui fait tenir toute la course.

Autre notion utile : l’escalafón, le classement officiel qui hiérarchise les toreros et novilleros selon leurs performances de la saison. Suivre ce classement permet de comprendre pourquoi certains noms font l’affiche à Nîmes : la ville attire volontiers les figures en tête de ce classement, aux côtés de toreros confirmés à la renommée internationale.

Se déplacer, sortir et s’informer pendant la Feria

Transports et accès

Pendant le week-end du 23 et 24 mai, les transports en commun sont gratuits à Nîmes, une mesure directement liée à l’affluence exceptionnelle attendue sur la Feria de Pentecôte. C’est l’option la plus simple pour éviter les difficultés de stationnement dans un centre-ville largement piétonnisé le temps de l’événement, surtout aux abords des Arènes où la circulation automobile devient compliquée dès le début d’après-midi.

Bodegas et horaires de fermeture

Les bodegas, ces bars temporaires installés dans les rues et sur les places, animent les soirées de feria. Leurs horaires de fermeture varient selon les jours : plutôt 2h le jeudi, jusqu’à 3h du vendredi au dimanche, et un retour à 1h le lundi pour clore en douceur la semaine. Ce calage progressif suit la montée en intensité de la feria, qui culmine généralement le week-end avant de redescendre en fin de manifestation.

Musée des Cultures taurines

Pour prolonger l’expérience au-delà des arènes, le musée des Cultures taurines propose une immersion dans l’histoire de la tauromachie locale. Il ouvre de 10h à 18h le jeudi, le vendredi et le lundi, et jusqu’à 18h30 le samedi et le dimanche, un créneau élargi qui permet d’y passer en fin d’après-midi avant de rejoindre les premières animations de rue.

Billetterie, abonnements et tarifs pour 2026

L’accès aux corridas et novilladas suit un calendrier de vente en trois temps, qu’il vaut mieux anticiper si l’on vise des places pour les affiches les plus demandées. Les abonnements classiques s’ouvrent en premier, du lundi 27 juillet au dimanche 9 août, suivis de la vente des places séparées uniquement en ligne du 10 au 30 août, avant l’ouverture des guichets physiques à partir du 31 août. Ces guichets, situés rue de la Violette, accueillent le public du lundi au vendredi de 9h30 à 18h, et le samedi de 9h30 à 12h30.

Pour les jeunes de 7 à 25 ans, l’abonnement Jeune à 40€ donne accès à l’ensemble des cinq spectacles de la Feria des Vendanges, un tarif pensé pour démocratiser l’accès à la tauromachie auprès d’un public qui n’a pas toujours les moyens de suivre un cartel complet. C’est l’organisateur Casas & Co, héritier de l’entité fondée par Simon Casas en 1980, qui pilote la programmation taurine des deux ferias.

Villages gitan et sévillan : l’autre visage de la Feria

Au-delà des arènes, la Feria de Nîmes déploie tout un pan festif et culturel accessible gratuitement. Le village gitan et le village sévillan recréent, chacun à leur manière, une ambiance musicale et festive typique, entre flamenco, sevillanas et guitares, loin de l’agitation des bodegas les plus bruyantes. Le marché artisanal, installé dans le centre-ville, permet de flâner entre stands locaux tout en profitant de l’atmosphère particulière que prend Nîmes durant ces journées, où les habitants troquent volontiers leurs habits du quotidien pour les tenues traditionnelles de la feria.

Cette dimension festive et gratuite est souvent ce qui séduit les visiteurs venus en famille ou peu familiers de la tauromachie : on peut très bien passer plusieurs journées à Nîmes pendant la Feria sans jamais mettre les pieds dans les arènes, en se contentant des défilés, des concerts de rue et de l’ambiance qui envahit chaque recoin de l’Écusson dès la tombée de la nuit.

Élise Carrelage-Durandelle

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